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L'agenda de Lola

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MADELEINE PROUST

Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /2005 17:47

En 1982
j'ai 31 ans et j'entre dans la peau d'une vieille femme, paysanne, 76 ans, le dos voûté, l'arthrose au bras, vive, curieuse, le corps jeté en avant. Toujours quelque chose à faire. Quelque chose à dire. Faire plutôt que être. Sa voix qui sent la bise et les sapins, accompagne comme une musique les gestes qui ont en mémoire le savoir-faire, dans un quotidien barricadé d'habitudes et de manies. Une miette de pain a l'insolence d'un obstacle au bon fonctionnement des engrenages.
Ce personnage je le crée poète involontaire et je l'installe dans le réalisme. Le réalisme est ambigu, c'est son charme infini. Le questionnement fertile s'installe. Derrière une expression bénigne (« en vase clos »), une satire sociale (« en vaste clos »). La Madeleine Proust trimballe ses pataquès, sa philosophie instinctive, de la table en formica à l'évier, de l'évier à la fenêtre, du détail à l'universel.
Par Lola Sémonin - Publié dans : MADELEINE PROUST
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Dimanche 18 juin 2006 7 18 /06 /2006 12:23
Avec tout c’qu’on entend et qu’on nous dit pas

La Madeleine Proust, 76 printemps part en voyage

Sa robe à fleurs, son sac de voyage écossais rouge et noir et…ses patins à roulettes.

Elle quitte pour la première fois son village Derrière-Les-Gras (perché dans le Haut-Doubs, en Franche-Comté).

Elle nous restitue à travers sa lorgnette, à travers le tamis de sa culture ses impressions de voyage, sa découverte de l’inconnu.

Elle nous renvoie à nous-même, à nos à-priori, à nos préjugés, à nos conditionnements d’occidentaux.

La Madeleine Proust revendique le droit à la parole des gens simples, la nécessité de transmettre le savoir, les particularismes de langue, les accents de nos terroirs, le droit de la différence, le devoir de rire de tout mais pas n’importe comment.

Dire qu’on voit les choses « comme on est et pas comme elles sont ».

A l’heure du jeunisme j’offre une vieille femme à aimer.
Par Lola Sémonin - Publié dans : MADELEINE PROUST
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 12:19
Les voyages forment la jeunesse même pour les vieux

Avec leurs portables, bientôt on pourra plus parler à personne dans la rue. Ils sont déjà tous en train de causer à quelqu’un qu’on voit pas et qu’on n’entend pas.

Lui, toujours devant la télé comme il f’sait chez sa mère. Sa femme elle me dit : « Faudrait que je passe à la télé pour qu’au moins une fois il me regarde ».

On est allé à Harlem. On n’était que trois blancs. La Stéphanie, moi pi une japonaise.

Les œufs de poules qui courent t’en trouves plus.

Ces grosses familles qu’on était. L’aîné restait à la ferme, une fille au couvent, pi le cadet au séminaires pour racheter tous les pêchés de la famille.

Moi j’trouve les percings, ça leur va bien aux jeunes mais Ricet  y dit « Quand t’as vu toute ta vie mettre des anneaux dans le nez des veaux ça fait pas envie ».

Au Kamel je voulais lui acheter un bol avec son prénom pour quand il vient faire les 4 heures. Y’a pas Kamel ! Alors je lui ai pris Marcel…

Pi dans l’métro, des clochards, des chômeurs, des femmes, des accordéons, des aveugles ! Mais tu peux pas donner à tout le monde parce qu’à la fin de la journée, t ‘es obligé d’faire comme eux !

Les musulmans, ils prient beaucoup, ils sont très chrétiens.

Dans le désert ils ont tous des portables. Le téléphone arabe c’est plus ce que c’était.

Dire qu’on avait peur du péril jaune, pi maintenant  c’est eux qui nous guérissent.

On était pauvre mais comme on n’ le savait pas, on n’était pas malheureux.

En Inde, les gendarmes s’empoignent par la main. Tu vois un peu le gros Robert main dans la main avec son chef dans la grande rue de Morteau.

Si on n’sait pas d’où on vient on ne peut pas savoir où on va.

Avec les Américains on a 10 ans de retard sur leur connerie mais on la prend quand même

Elle est tellement râteau, quand  elle regarde la messe à la télé, elle coupe quand c’est la quête
Par Lola Sémonin - Publié dans : MADELEINE PROUST
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /2006 22:48
Par Lola Sémonin - Publié dans : MADELEINE PROUST
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